L'entreprise Baudelet propose une autre solution : la Bio-press
samedi 08.11.2008, 05:00 - La Voix du Nord

Les habitants veulent agir vite. L'idée de saisir le médiateur de la République a été évoquée.
| PROJET D'INCINÉRATEURFLAMOVAL |
Cent trente personnes environ étaient jeudi soir à Buysscheure, à la conférence-débat sur le traitement des déchets ménagers organisée par le collectif Nature et Patrimoine du Houtland. Et un silence quasi-religieux lorsque Jean-Marie Debert, directeur technique de la société de stockage Baudelet, a évoqué un projet alternatif à l'incinération.
PAR VIRGINIE DUBOIS Hazebrouck@lavoixdunord.fr
Un projet « alternatif » à Flamoval ? « Non ». Jean-Marie Debert préfère parler d'une autre « solution ». Le directeur technique de Baudelet, entreprise blaringhémoise de stockage et de valorisation des déchets ménagers, a levé le voile jeudi soir sur un nouveau procédé : la Bio-press. Environ cent trente habitants inquiets et quelques élus, massés dans la salle Tisje-Tasje de Buysscheure, ont absorbé autant que faire se peut les paroles du professionnel. Un discours très technique, certes, mais comme une bouffée d'oxygène pour les opposants à Flamoval. Comme une lueur d'espoir à quelques semaines de l'ultime décision plusieurs fois repoussée : début 2009, le préfet autorisera ou non l'implantation de Flamoval à Arques.
« La Bio-press (lire ci-dessous) est la solution qui permet de traiter au mieux les déchets. Elle met en oeuvre les meilleures techniques : la méthanisation, le tri, la production de combustibles alternatifs », avance Jean-Marie Debert, se défendant à plusieurs reprises de « vendre quoi que ce soit ». Flamoval pourrait faire de la concurrence à Baudelet. Alors bien sûr, cela occupe, aussi, les esprits : « Je ne suis pas représentant de cette machine italienne », insiste-t-il. Une machine dont il a détaillé les vertus : « La sécurité pour la santé et l'environnement, la valorisation des déchets, la conformité aux directives européennes, le développement durable... » Et « un coût inférieur à l'incinération » : « La Bio-presse coûte 50 M E. L'incinérateur, 76 M E, auxquels il faut ajouter le coût d'un centre de valorisation organique, de la collecte sélective, de l'adaptation du four à la combustion. À moyen ou long terme, on arriverait à 114 M E.
» Quelques-unes de ces presses nouvelle génération existent en Allemagne et en Italie. Pas dans l'Hexagone. « Parce que c'est un procédé récent, né en Italie il y a deux ans. Mais des projets en France sont en cours (...). Le projet d'incinérateur, lui, date de 2000 ! Je ne dis pas qu'il y a une bonne et une mauvaise méthode. Je dis qu'il n'y a pas que l'enfouissement ou que l'incinération. Il y a d'autres chemins à explorer », poursuit Jean-Marie Debert, insistant sur « la vraie solution » : le tri en amont, la construction de produits recyclables, etc.
On n'en apprendra pas beaucoup plus sur les intentions de la société Baudelet. Sauf qu'elle « fait le tour des syndicats (1) afin d'ouvrir un dialogue ». Un nouvel épisode dans le feuilleton Flamoval. De quoi relancer le débat ? •
> (1) Syndicat mixte de ramassage des ordures ménagères Flandre-Nord, syndicat mixte intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères de la région des Flandres et syndicat mixte Lys-Audomarois. Tous rattachés au syndicat mixte Flandre-Morinie, né avec Flamoval en 2000.
LA BIO-PRESS : QUELLE TECHNIQUE ?
samedi 08.11.2008, 05:00 - La Voix du Nord
> • Une presse de tri.-
« La Bio-press permet la séparation des matières organiques, ou humides, et non organiques, ou sèches, c'est-à-dire le plastique, le bois, le verre, etc. », explique Jean-Marie Debert. Une forte pression (1 000 bars) va permettre ce tri.
> • La méthanisation.- La matière humide, soit 30 % des déchets triés, va être méthanisée : « Elle va être envoyée vers une sorte de gros estomac qui va créer du biogaz. » De l'électricité donc.
> • La production de combustibles.- La matière sèche, y compris les plastiques, va être retriée « pour éviter tous les problèmes liés à la dioxine et produire des combustibles de récupération propres » : « On en fait un déchet valorisable, un combustible qui pourra être utilisé pour les chaudières, les cimenteries, etc. » > • La valorisation des déchets.- Selon Jean-Marie Debert, « ce procédé permet de valoriser au moins 70 % de la matière entrante ». Les 30 % restants ? « C'est du plastique avec un peu de tout, des résidus, ils finissent en déchets ultimes. » Destinés à l'enfouissement ou à l'incinération.
> • L'énergie restituée. « Environ 100 gigawatt/heure pour 50 000 t, soit le double d'un incinérateur. »
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